Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...
Un amour pour être ensemble ou pour ne l’être pas, mais aussi pour tous les états intermédiaires. Un amour qui serait comme ouvrir les yeux, Et peut-être aussi comme les fermer. *** Roberto Juarróz - extrait (Quinta Poesía vertical)
L’amour est une compagnie. Je ne peux plus aller seul par les chemins, parce que je ne peux plus aller seul nulle part. Une pensée visible fait que je vais plus vite. Fernando Pessoa Dédié à Ophélia Queiroz – Le premier amour platonique de Pessoa à l’âge...
photo Vasil Qesari Je suis à l'entrée d'un tunnel. Ces phrases perforent le temps. Peut-être suis-je ce qui espère à la fin du tunnel. Je parle avec les yeux fermés. Octavio Paz
photo Vasil Qesari Mendiant de ce qu’il ne sait pas, Sur la route sans lieu de mon être Parmi des débris fait son aube Il chemine seul sans chercher… Fernando Pessoa
(photo Vasil Qesari) Il fait un triste temps, il fait une nuit noire A ne pas mettre un aveugle dehors. Les forts Sons assis, les faibles tiennent le pouvoir Et le roi est debout près de la reine assise. Paul Eluard
(photo Vasil Qesari) Les yeux fermés Couchée sur le dos Devant la fenêtre Je coule dans la rivière du temps Flocons de soleil Douleurs d'enfance Douceur d'abeilles Tout est né d'aujourd'hui Un cœur immense s'appuie Contre le mur de ma chambre Lise Ma...
(photo Vasil Qesari) Dans les rues de la ville, il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima. René Char
Le brouillard mêle sa lumière A la verdure des ténèbres Toi tu mêles ta chair tiède A mes désirs acharnés ... Paul Elurad
Surgis d'une seule eau Comme une jeune fille seule Au milieu de ses robes nues Comme une jeune fille nue Au milieu des mains qui la prient Je te salue Paul Eluard
Si j’avance ma main vers le sein de l’aimée je ne suis pas étonné de le voir soudain couvert de fleurs Gherasim Luca
(photo Vasil Qesari) Un morceau de galette de blé bien chaude trempée dans l'huile d'olive ,quelques clémentines du jardin et une pomme ! Prenez en chaque matin ça rallonge la vie de quelques années! Parole de paysan méditerranéen. Rachid Oulebsir
(Photo Vasil Qesari) Et quand viendra le jour du dernier voyage, quand partira la nef qui jamais ne revient, vous me verrez à bord, et mon maigre bagage, quasiment nu, comme les enfants de la mer. Antonio Machado
Mark Rothko (Blue and gray - 1962) On dirait parfois que nous sommes au centre de la fête. Cependant au centre de la fête il n’y a personne. Au centre de la fête c’est le vide. Mais au centre du vide il y a une autre fête. (Roberto Juarroz) - A veces...
(photo Vasil Qesari) La mer. La mer. La mer. Rien que la mer ! Pourquoi m'avoir emmené, père, à la ville? Pourquoi m'avoir arraché, père, ... à la mer ? La houle, dans mes songes me tire par le cœur comme pour l'entraîner. O père, pourquoi donc m'avoir...
(photo Vasil Qesari) Mer, tu es une rose tu es la rose verte. Le vent nous pousse comme des nuages véloces sur toi ... et nous enivre de pétales de sel de parfums argentés. Blanca Andreu
*** Mathilde mienne ma bien aimée Je ne veux pas dormir sans tes yeux Je ne veux pas vivre hors de ton regard Je vais refaire le printemps ... Pour que tu puisses encore me voir Amis voici ce que je veux C'est presque rien et quasiment tout Maintenant...
(photo Vasil Qesari) les étoiles s'endorment dans l'ombre de ta main la lune s'éloigne s'incline puis t'étreint aux lueurs de l'aube ... le jour embrase ta nuit le papillon ouvre sa fleur sur ta ligne de vie Yves Brillon
- photo Vasil Qesari - Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime Tirés comme par un aimant, Se retournent docilement Et que je regarde en moi-même, Je vois avec étonnement ...Le feu de ses prunelles pâles, Clairs fanaux, vivantes opales, Qui me contemplent...
(photo Vasil Qesari) Je me sens né à chaque instant à l'éternelle nouveauté du Monde... Le Monde ne s'est pas fait pour que nous pensions à lui (penser c'est avoir mal aux yeux) mais pour que nous le regardions avec un sentiment d'accord... Fernando...
Déduction Ils ne mettront pas de fin à l’amour, ni les disputes, ni la distance. Il est prouvé, pensé, vérifié. Ici je soulève solennel mon vers de mille doigts et je prends un serment: j’aime ferme, fidèle et vraiment. Vladimir Maïakovski (1893-1930...
(photo Vasil Qesari) J'ai tout oublié Oublié le feu Et oubliées les roses Je n'aime guère A logeur de jours ... Et de nuits J'ouvre des volets clos Derrière des volets clos Oldrich Wenzl
(photo Vasil Qesari) Voilà, je suis là, j'écoute, je laisse le temps, dans sa fuite me courir après, je sais que de moi - à la fin - il ne restera qu'un signe discret, lointain. Ça suffira. (Roberto Veracini)
(photo Vasil Qesari) Écrire lentement - traits blancs sur un fond noir - sur papier bruyant des mots de grand silence. Promptement, fracasser - traits rouges de sang - des silences douteux avec des mots qui crient. Narcis Comadira - La tâche du poète
(photo Vasil Qesari) Thomas Tranströmer - Prix Nobel 2011 Une lumière blême jaillit de mes habits. Solstice d'hiver. Des tambourins de glaces cliquetantes. Je ferme les yeux. Il y a un monde muet il y a une fissure où les morts passent la frontière en...
(photo Vasil Qesari) Combien de masques portons-nous, et de masques Sous le masque, sur la figure de notre âme, et quand, Si pour son propre amusement l’âme elle-même se démasque, Sait-elle qu’est tombé le dernier et qu’enfin son visage (Fernando Pessoa...