Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...
JE T'AIME SANS SAVOIR COMMENT Je ne t'aime pas telle une rose de sel, topaze, œillets en flèche et propageant le feu : comme on aime de certaines choses obscures, c'est entre l'ombre et l'âme, en secret, que je t'aime. Je t'aime comme la plante qui ne...
Paul Eluard POEMES D’AMOUR Paul Eluard mourut une semaine après ma naissance. Il n’avait pas soixante ans. Sur aucune photographie, il ne nous apparaît comme un vieillard. Entre le visage qu’aima Gala et celui qu’aima Dominique, pour nous très peu de...
QUAND TU VIENS Voulons-nous cacher le jour dans le calice de la nuit, alors nous aspirons vers la nuit. Nos corps sont étoiles d'or, qui veulent s'embrasser-s'embrasser. Sens-tu le parfum des roses ensommeillées sur les herbes sombres - ainsi devra être...
NUE Nue, tu es aussi simple qu'une de tes mains, lise, terrestre, minimale, ronde, transparente, tu as des lignes de lune, des chemins de pomme, nue, tu es maigre comme le blé nu. Nue, tu es bleue comme la nuit à Cuba, tu as des liserons et des étoiles...
(photo Vasil Qesari) Entre le sommeil et le songe, Entre moi et ce qui en moi Est l'être que je me suppose, Coule un fleuve sans fin. Il est passé par d'autres rives, Toujours autres et plus lointaines, Au cours de ces nombreux voyages Que connaissent...
photo Vasil Qesari Non il n'est pas fou Celui qui parle au vent Aux murs aux rues aux lampadaires A l'ombre du chat sur la fenêtre Aux mains fragiles ... Qui l'aiment et le connaissent Il n'est pas fou Celui qui voit la mer Dans son miroir Et des chiens...
… Ce que l'on a perdu, ce que l'on aurait dû vouloir, ce que l'on a obtenu et gagné par erreur; ce que nous avons aimé pour le perdre ensuite, en constatant alors, après l'avoir perdu et l'aimant pour cela même, que tout d'abord nous ne l'aimions pas;...
Il n’est pas étrange dans la nature de se féconder au vent, comme les fleurs. Fleur est le nom du sexe des vierges, qui le cueille, effleure. Miriàm / Marie fut enceinte d’un ange en avent toutes portes ouvertes, à l’heure de midi. Le vent s’enroula sur...
photo © Vasil Qesari Parmi les perdants, c’est toi et moi qui avons perdu : moi, parce que tu as été celle que j’ai le plus aimée, et toi, parce que je suis celui qui tu as aimé le plus. Mais de nous deux c’est toi qui perds plus que moi, parce que je...
LA MER C’est tout ce que nous aurions voulu faire et n’avons pas fait, Ce qui a voulu prendre la parole et n’a pas trouvé les mots qu’il fallait, Tout ce qui nous a quittés sans rien nous dire de son secret, Ce que nous pouvons toucher et même creuser...
Une voix sanglote sur le sable de couleur À l’endroit où des chevaux multicolores Courent dans la houle Nous seuls dans l’univers Où les chagrins roulent comme l’océan De l’amour perdu Sous l’étoile du matin Qui choit du ciel Dans l’eau pâle aveugle Tandis...
Je ne suis rien. Jamais je ne serai rien. Je ne peux vouloir être rien. Ceci dit, je porte en moi tous les rêves du monde. Fenêtre de ma chambre, de ma chambre dans la fourmilière humaine unité ignorée (et si l’on savait ce qu’elle est, que saurait-on...
(photo Vasil Qesari) contre le mur, le peloton d’exécution prêt à faire feu. puis il a eu un sursis. supposons qu’ils aient abattu Dostoïevski? avant qu’il ait écrit tout cela? je suppose que cela n’importait pas plus que ça. il y a des milliards de gens...
Je salue tous ceux qui d'aventure me liront, leur tirant un grand coup de chapeau lorsqu'ils me voient au seuil de ma maison dès que la diligence apparaît à la crête de la colline. Je les salue et je leur souhaite du soleil, et de la pluie, quand c'est...
photo Vasil Qesari Dans l'eau des yeux, dort tout au fond, la salamandre du désir. Dans l'eau des yeux luit la flamme unique de chacun. Ses reflets viennent éclairer le miroir profond. C'est là que chacun vient chercher l'autre, sa propre vérité, ce qu'il...
(photo Vasil Qesari) Et pourtant, chaque jour nous faisons quelque chose pour la dernière fois - regarder un visage, nous appeler par notre propre nom, achever d'user une chaussure, ... éprouver un frisson - comme si la première fois ou la millième pouvait...
(photo Vasil Qesari) Il faut rêver à haute voix, il faut chanter jusqu'à ce que le chant s'enracine, tronc, branches, oiseaux, astres, chanter jusqu'à ce que le chant engendre et que sourde de la côte du dormeur l'épi rouge de la résurrection, l'eau de...
Fils du temps inclinés en arrière vers ce passé pesant, perlés du sang des âmes tristes qui attendent, découpés sur les chaudes lueurs des aubes automnales incertaines, auréolés de brumes et du flou des souvenirs qui s'estompent dans le lointain, taches...
(photo Vasil Qesari) S’il se souvenait d’une enfance, c’était de celle qu’il avait vécue dans sa patrie de rêve (…). Sa vie entière était devenue la vie qu’il avait rêvée. Et il vit qu’il était impossible qu’il pût y avoir une autre vie que celle-là....
photo Vasil Qesari Mon péché est terrible : j’ai voulu remplir d’étoiles le cœur de l’homme. Et pour cela, derrière les barreaux, en vingt-deux hivers j’ai perdu mes printemps. Prisonnier depuis l’enfance et condamné à la mort, la lumière de mes yeux...
(ohoto Vasil Qesari) La mer as-tu dit en mourant, et depuis ce seul mot de toi signifie pour moi la mer, et aussi, peut-être, ce que tu es. Et peut-être aussi qui je suis ? Crêtes et creux de vagues. Ton agonie, telle la mer me libère et m’ensevelit....
Moi ce n'est pas toujours que je veux être heureux. Il faut bien être de temps à autre malheureux Afin de pouvoir être naturel... Ce n'est pas tous les jours qu'il fait soleil, Et la pluie, quand elle manque terriblement, on la demande. C'est pourquoi...
(photo Vasil Qesari) J’ai sur le cœur L’écume de multiples eaux Des fleurs de multiples pays Et des solitudes rêvées. Assèche la mer, assèche les fontaines. Vois et brise toutes les branches ! Et si mon cœur le veut Un autre monde en naîtra. Car celui...
Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie, Ta vie que tu bois comme une eau de vie Avant de trouver, en octobre 1912, son titre définitif "Alcools", Apollinaire avait songé à intituler son recueil "Eau de vie". Bien que moins "moderne" d’allure, le simple...
(photo Vasil Qesari) LA PAROLE J’ai la beauté facile et c’est heureux. Je glisse sur les toits des vents Je glisse sur le toit des mers Je suis devenue sentimentale Je ne connais plus le conducteur Je ne bouge plus soie sur les glaces Je suis malade fleurs...