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SIMBAD

Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...

A la recherche du professeur Jean-Jacques Winkler:

Publié le 12 Juin 2006 par Simbad in DOSSIER & ESSAI ( Dosje & Ese )

                            

               COURT MÉMOIRE À QUI DE DROIT

( J’ai voulu trouver mon professeur de Français quand je me suis trouvé en Occident lui témoigner mes sentiments de reconnaissance pour tout ce qu’il avait fait pour nous. Je ne l’ai pas trouvé. La Guerre et les Débarquements de 1944 en Normandie avaient fait déplacer une bonne partie de la population de la Normandie. Je suis arrivé à trouver ses traces. On m’avait dit qu’il était déjà mort et que sa femme vivait à Bordeaux. Dans un défilé des anciens combattants que nous avons fait à Genève avec les Français une femme m’a dit que mon professeur avait été le cousin de mon professeur Jean Jacques Winkler, mais elle n’a pas pu me dire de plus. En Italie le Journal «  La Nazione » de Florence m’a interviewé et à cette occasion elle a fait appel à ses lecteurs de m’aider pour trouver des éléments qui complètent mes mémoires. Par analogie à ça je voudrais m’adresser à un journal de Bordeaux ou à la télévision pour pouvoir apprendre quelque chose sur la vie de mon professeur que je traiterai dans me mémoires.)

Par ASTRIT LEKA*

J’habite Genève depuis 1990, donc  avant la brusque ouverture de l’Albanie communiste, mon pays d’origine où je suis né à Saranda le 20 décembre 1924. J’ai mené sans arrêt une lutte passionnée pour la liberté des peuples, les droits de l’homme, les mines antipersonnel etc., en Suisse, ce pays neutre, surtout à Genève. Je suis un ancien élève du Lycée national français de Korça ( 1936-1939 ), où j’ai pris mes leçons de démocratie et surtout j’ai renforcé l’éducation reçue dans ma famille pour ne pas me soumettre aux injustices et de me battre toujours pour la liberté des peuples, ce qui a caractérisé ma vie que j’ai menée depuis plus de 66 ans.

A l’occasion du 60e anniversaire de la victoire sue les nazis il est grand temps pour moi d’écrire mes mémoires, d’ancien combattant décoré de la Deuxième Guerre mondiale. Je me suis très distingué par le  rôle très important que j’ai joué comme chef des guérillas. Très recherché  par la Gestapo et le Commandant général des forces armées d’occupation en Albanie, le général baron Von Thüngen (Sa circulaire du 11 novembre 1943 où figure mon nom de guerre «  Alarik » ). D’ailleurs un bon témoignage peuvent être les  deux livres publiés par des écrivains qui ont eu accès à mes archives et ont écrit sur mes exploits. On leur a conféré les premiers prix des concours nationaux de la littérature.  ( En 1982 et 2001 ). Durant ma vie trop tourmentée j’ai eu l’occasion de contacter directement des personnalités politiques qui ont joué un rôle important dans l’histoire de notre Nation Albanaise depuis :

1.Des gens concernés dans les activités de la Ligue de Prizren 1978 ( contre le Congrès de Berlin qui a mutilé les territoires habités d’Albanais dans les Balkans, dont les erreurs ont été corrigées par notre génération), des députés et des ministre du Roi Zog des Albanais, des ministres et généraux fascistes italiens y compris le dictateur  Benito Mussolini le 27 août 1939, dans la « Salla Grande del Palazzo Venezia » (  faisant partie de la délégation des meilleurs élèves et des intellectuels de l’époque) , et des commandants des divisions italiennes qui se sont rendues à nous après la capitulation du 8 septembre de 1943, avec lesquels j’ai traité les conditions de la reddition.

2. Les chefs de la Résistance et tous les fondateurs du Parti communiste albanais, sans aucune exception. Des membres des missions britanniques parachutées dans nos montagnes. Les dirigeants non communistes de la résistance, plus tard exilés ou fusillés par le régime communiste, instauré en Albanie  après la Libération.

3. Les nouveaux dirigeants de la dictature après la décapitation d’une partie des vrais héros de la Deuxième Guerre mondiale chez nous. Y compris les dirigeants qui m’ont déclaré «  ennemi du peuple » en 1967, durant la révolution culturelle à la chinoise imitée chez nous. Quand je n’ai pas accepté de faire l’autocritique humiliante à la mode de quelques recteurs chinois. Défiant ainsi la condamnation à 25 ans de prison ou à mort, prévues par le code pénale de la dictature communiste en Albanie. Une condamnation qui m’a été commuée aux travaux forcés pour toute la vie, sans avoir droit à aucun travail intellectuel. Grâce à l’intervention directe du dictateur Hoxha, mon professeur au Lycée français et son dauphin R. Alia, le futur président, mon copain et compagnon de groupe clandestin. Cela a eu lieu de leur propre initiative, peut-être un remord de conscience. Ils savaient que j’avais risqué ma vie durant la guerre plus qu’eux. On se connaissait bien. Ils savaient que  je n’avais aucune nue prétention d’avancer dans ce système aberrant.

On me considérait embourgeoisé pour avoir obtenu trois diplômes, après 12 ans d’études universitaires excellentes, sans avoir jamais eu la possibilité de fréquenter les leçons d’éminents  professeurs préparés à Sorbonne, Oxford, Vienne, Rome etc. qui n’étaient pas encore décapités. Je devais travailler pour assurer le pain de la famille parce que la dictature nous avait exproprié de tout. Après ces 15 ans d’activités sociales et politiques déployées en Occident surtout à Genève, où j’ai eu des contacts directs avec des dizaines de personnalités politiques  depuis Gorbatchev à Kofi Annan et d’autres personnalités mondiales de la Culture et de la Science , dans tant de Congrès et Forums internationaux, où j’ai donné ma très modeste contribution, il est grand temps d’écrire mes mémoires.

Je dois les écrire, pour ne pas les prendre dans la tombe comme quelques uns de mes compagnons, qui avaient contacté Staline, Khrouchtchev, Mao, Kim Ir Sen, Ho Shin Min, Tito, Enver Hoxha, avec lesquels nous avions convenu en 2000, d’écrire nos mémoires, mais qui sont morts dans les deux ans suivantes sans rien écrire. Dommage. En effet je dois commencer les mémoires de ma vie active, par mon baptême dans la lutte pour la liberté quand notre professeur du Lycée français en Albanie, Jean Jacques Winkler le 4 avril 1939, à la veille de l’agression fasciste de notre pays par l’armée de Mussolini de 8 millions de baïonnettes,  nous lut en classe le morceau choisi de A. Daudet «  La dernière classe » et écrivit au tableau noir "Mourir pour la patrie c’est le sort le plus beau". La classe s’électrisa. Moi je répondis au professeur en déclamant des vers de notre poète national, le Père Georges Fishta qui correspondaient à la maxime du peuple français écrit au tableau noir, ( pour celui qui meurt pour la patrie, on ne dit pas qu’il est mort, mais qu’il est né ) . Toute la classe se leva et se dirigea vers la porte. Pour la première fois, comme collectif,  nous avons enfreint la discipline. Mais ce fut une infraction historique. Nous sortîmes de classe, les larmes aux yeux, chantant la Marseillaise , mais sans oublier de remercier avec nos regards plein de reconnaissance  notre professeur. Qui debout, très ému, immobile, les bras croisés nous suivait de son regard triste en pensant à notre sombre avenir. Il connaissait les fascistes lui …

Et c’est juste en ce moment que dans  les couloirs de l’école retentit notre  marseillaise qui s’unissait à celle chantée par les élèves des classes de Philosophie et de toute l’école. Ce qui fit que tous les élèves se dirigèrent vers la ville pour s’unir au peuple qui manifestait contre l’agression fasciste. Nous les élèves du Lycée nous avons ajouté  la marseillaise aux  chants patriotiques de la manifestation historique. Dans la mémoire de ses rares  élèves qui sont encore en vie reste inculquée cette «dernière classe » et  l’adresse de notre professeur : "Jean-Jacques Winkler, Villa La Corbiné, Dinard, Ille et Vilaine, France", séparé à jamais de nous. Une adresse que nous apprîmes par cœur.

En effet les fascistes  fermèrent notre lycée et chassèrent nos professeurs français que le futur avéra qui  avaient été une source d’une bonne éducation démocratique et de bons sentiments qui nous ont accompagnés toute la vie dans notre lutte pour la liberté et les droits de l’homme, que nous avons défendu  depuis la vie au lycée français jusqu’au dernier souffle de notre vie. Moi personnellement ayant le privilège de les défendre et de les jouir  encore aujourd’hui dans ces festivités du  60e anniversaire de la victoire sur les nazis en Europe et ailleurs, depuis le 6 juin en Normandie, où le Président J. Chirac me félicita en personne en me présentant au Chancelier Schröder par ces mots: "Voilà un ancien combattant d’un petit pays l’Albanie".

L’Albanie et la Biélorussie qui m’ont décoré, et les jours qui viennent à Singapour, Australie et les Britanniques aussi, pour remémorer  la collaboration avec leurs missions parachutés dans nos montagnes. Je suis intéressé d’écrire mes mémoires actives en commençant par le moment de la dernière classe de français que nous avons vécu ce 4 avril 1939 avec notre professeur de français de sixième, qui a été pour moi et pour beaucoup de mes compagnons de classe, le grand tournant de notre vie et de notre virilité précoce. Parce que quelques uns de nos compagnons de classe devenus compagnons de guerre sont tombés sur le champ de bataille contre les nazi fascistes, deux ou trois ans après. D’autres sont devenus ministres ou généraux, d’autres professeurs et vice-président de l’Académie des Sciences et d’autres limogés ou décapités. Pour parler seulement de notre classe, celle du Professeur Jean Jacques Winkler, avec lequel nous étions affectionnés de plus.

J’affirme avec conviction que notre lycée français de Korça a donné à l’Albanie le plus grand nombre de cadres, dont la plus part ont été limogés par le dictateur  à cause de leur éducation de non soumission aveugle qu’ils avaient prise au lycée pour compléter celle de leurs familles et de leur peuple épris de liberté. J’ai voulu trouver mon professeur de Français quand je me suis trouvé en Occident lui témoigner mes sentiments de reconnaissance pour tout ce qu’il avait fait pour nous. Je ne l’ai pas trouvé. La Guerre et les Débarquements de 1944 en Normandie avaient fait déplacer une bonne partie de la population de la Normandie.

Je suis arrivé à trouver ses traces. On m’avait dit qu’il était déjà mort et que sa femme vivait à Bordeaux. Dans un défilé des anciens combattants que nous avons fait à Genève avec les Français une femme m’a dit que mon professeur avait été le cousin de mon professeur Jean Jacques Winkler, mais elle n’a pas pu me dire de plus. En Italie le Journal " La Nazione" de Florence m’a interviewé et à cette occasion elle a fait appel à ses lecteurs de m’aider pour trouver des éléments qui complètent mes mémoires. Par analogie à ça je voudrais m’adresser à un journal de Bordeaux ou à la télévision pour pouvoir apprendre quelque chose sur la vie de mon professeur que je traiterai dans me mémoires. Je me mets à la disposition de l’institution qui m’aidera toutes mes connaissances de personne qui a vécu une vie si exceptionnelle et si documentée.

*ASTRIT LEKA - Conseiller général de la Fédération Mondiale des Anciens Combattants FMAC - Paris. Président de SOLIDEST ( Assoc. Int.de Solidarité pour le Dévelop. des Pays de l’Est). Président d’honneur de BSHIZ, ( L’Union des Intellectuels Albanais en Suisse).

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H
Monsieur Astrit Leka,C'est seulement aujourd'hui (23 mars 2009) qu'on me signale que vous êtes à la recherche de Jacques Winkler, mon oncle. Votre texte m'a beaucoup touchée et si votre recherche est toujours d'actualité, je suis tout à fait prête à communiquer avec vous.Dans l'attente,Chantal Humbert
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