Le jour
où je disparaîtrai
sera un jour de neige.
De gros chevaux
au trot voluptueux
péteront à tue-tête
durant ce voyage.
Des oiseaux gelés,
habillés en gros deuil,
fienteront sur leur propre âme
à défaut d'applaudir.
Un détachement recourbé d'ombres
tout essoufflées sillonnera
l'écoeurante bouillie de neige
mouillé jusqu'aux aisselles.
Leurs traces grisâtres
et les tracés des chars funèbres
sont mon dernier poème
pour cette saison.
Au four où je reposerai
je me préparerai
pour retourner à nouveau
dans cette autre saison
en oiseau ardent
plein d'oripeaux de neige.