LES YEUX D'UNE INCONNUE
*** A Elle
Elle était assise devant moi,
jeune, belle, rayonnante.
Je voyais ses épaules nues,
blanches et sensuelles,
couvertes d’une écharpe noire.
Elle était en face de moi
dans un train de rêves,
belle comme un tableau de Miro,
avec ses grands yeux noirs,
comme les olives de mon
village en face de Corfou.
Et soudain la nuit,
une panne électrique
qui dura trois heures.
Nuit profonde,
sombre et angoissante.
Et je suis resté près de ses yeux
comme un marin naufragé,
près de ces deux phares
d’espoir et de lumière !
Simbad Detari
(TGV Paris – Bordeaux. Wagon 18 – Place 51)