Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
SIMBAD

Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...

ALBANIE : LIVRES

Publié le 11 Mai 2006 par Simbad in CRITIQUE LITTERAIRE ( Critique Littéraire )

Ismail Kadare

"Un climat de folie" suivi de "La morgue" et "Jours de beuverie"

Traduit par Tedi Papavrami, Paris, Fayard, 2005, 240 pages, 16,15 euros.

 

 

Ce recueil fait pendant à L’Envol du migrateur paru en 2001, et qui comporte lui aussi trois microromans, genre propre à Kadaré et où son talent de conteur trouve à merveille à s’épanouir. Dans Tournées, deux jeunes étudiants conçoivent le projet de se rendre dans une ville du fin fond de l’Albanie afin d’y chercher le manuscrit perdu d’un grand poète albanais du début du XXe siècle. Cette sorte d’épopée rocambolesque et absurde est racontée à la première personne par l’un des protagonistes dont le discours de cancre et de pilier de bistrot n’empêche pas les saisissantes descriptions. Le style est empreint d’une vivacité et d’une spontanéité tout à fait inédites dans l’œuvre de Kadaré. On y goûte un humour permanent et un comique de situations spécifique (lors d’une projection de cinéma, par exemple) qui résument à merveille l’atmosphère des lieux et de l’époque - au plus froid du stalinisme albanais-ainsi que, de manière plus intemporelle, la déréliction où une jeunesse à la dérive est entraînée par sa quête de singularité. Le Mépris (1974) et De la folie (2004) évoquent respectivement les aventures d’un carriériste pris au piège de la bureaucratie communiste et l’enfance de l’auteur. Gravité et émotion empoignent le lecteur à la fin de ces pages avec une force peu commune, quoique attendue (les évènements de chaque court chapitre sont annoncés un peu comme le titre des articles dans un journal), le laissant sur une impression de grand trouble à laquelle il ne s’était pas préparé en entrant dans ce récit.

La loi du kanun: Dette de sang

Glénat, 2005, 48 pages, 11, 40 euros

Une bande dessinée pour découvrir l’Albanie...

Que pensez-vous de Leka, le jeune orphelin adopté par Nykita, l’immigré russe ? Ce garçon de tout juste 13 ans qui vend parfois des oeufs à ses voisins ? Un visage franc, une silhouette malingre et un regard pétillant, sympathique, tout pour attirer la confiance. Et pourtant... Pourtant, dans cette Albanie des années 60, « socialisée » jusqu’aux tréfonds de son âme à outrance, Leka accomplit un drôle de commerce... Avec son tuteur Nykita, il s’adonne au rapt d’enfant qu’il revend à de riches familles italiennes en mal de paternité ! Il faut dire que l’enfance de Leka est émaillée de difficultés sévères qui l’ont petit à petit mené dans ces ornières. Le père de Leka et Nykita, comme tous les fonctionnaires de l’appareil bolchevik, avaient été envoyés d’U.R.S.S. en Albanie pour former les futures élites du Parti. Cependant lorsque Kroutchev cessa toute coopération avec le pays « sécessionniste », tous ces Russes retournèrent dans la Mère Patrie. Son père fut du lot. Sauf Nykita, dont les moeurs homosexuelles et l’alcoolisme l’avaient fait exclure du P.C. Par conséquent, lorsque la mère de Leka mourut en le mettant au monde, ce dernier par amitié (ou intérêt ?) pour son père décida de s’occuper de lui. Avec les conséquences que l’on sait. Cependant, la rencontre avec Sose, la gentille fille du nouveau médecin pourrait contrebalancer cette néfaste influence. A moins qu’il ne soit trop tard. Car, ici, sur toute l’Albanie, malgré les efforts du Parti, règne la Loi du Kanun. La loi hors de la loi, la loi de la vengeance et du silence, celle qui par la force de la tradition fait couler le sang. La Loi du Kanun évoque la période de mutation qu’a connu la future organisation surnommée par méconnaissance la mafia albanaise. Le personnage de Leka se penche sur son passé, sans complaisance. Une histoire qui éclaire avec acuité cette période et cette région méconnues grâce à une intrigue prenante et un dessin aussi classique que dynamique. On attend avec impatience la suite de l’histoire.

Call me by my Name : le handicap dans les Balkans

"Call me by my Name" est le nom d’un ouvrage que 5 photographes du collectif Luna ont réalisé. Au printemps 2004, les photographes de Luna (Raymond Dakoua, Serge Goloubenko, Christophe Smets, Karl Blanchet et Elisabeth Blanchet) sont partis dans les Balkans photographier des personnes handicapées.En Bosnie, au Kosovo, en Macédoine, en Serbie et en Albanie, ils sont allés à leur rencontre, chez elles ou dans des institutions. Ils sont allés chercher les signes de ce qui, aujourd’hui, se transforme, lentement, difficilement. Ils viennent, avec ces images, témoigner d’un univers en mutation. Ils nous laissent voir un « entre deux ».Comme tous les groupes vulnérables, les personnes handicapées payent le prix le plus lourd à la transition vers une économie de marché. Longtemps, leur situation a été caractérisée par le silence, l’attente et l’impossibilité de choisir pour soi. Dans un système où les principales propositions de soutien offertes à la personne étaient l’institution ou le confinement à domicile, les personnes handicapées se trouvaient, ce qu’il convient d’appeler, institutionnalisées. Dans un contexte de profonde mutation des sociétés d’Europe du Sud-Est, les systèmes médicaux-sociaux, éducatifs, économiques sont en pleine restructuration : création de nouvelles formes d’hébergement, développement de services de soutien à domicile, soutien à l’éducation inclusive. "Call me by my Name", projet entièrement financé par Handicap International South East Europe, est un livre qui donne la parole à chacune des personnes handicapées de la région demandant à être reconnues pour choisir sa vie.

Fatime Neziroski

Manuel de conjugaison des verbes albanais

L’Harmattan, 156 p., 13,75 euros

Fatime Neziroski est diplômée, en albanais, de l’Institut des Langues et Civilisations orientales (INALCO) et titulaire d’une maîtrise de Lettres modernes spécialisées à la Sorbonne. Elle prépare un DEA en science du langage à l’université Marc Bloch de Strasbourg.A partir de son travail de linguiste, elle s’interroge sur le statut actuel et l’avenir de l’albanais, en tant que langue rare, à l’ère de la mondialisation. Est-ce une langue appelée à disparaître ? Comment réagit-elle aux très nombreuses influences d’autres langues plus courantes ? Peut-on parler d’un seul ou de plusieurs « albanais » ? Comment une langue peut-elle véhiculer, accompagner ou au contraire contrarier le développement d’une société elle aussi "en transition" ?

Angelin Preljocaj

Actes Sud, 2003, 37,05 euros.

"Angelin Preljocaj est un des chorégraphes majeurs de la danse contemporaine française. Son oeuvre, interprétée par les plus grands ballets du monde, demeure cependant, comme son nom, empreinte de mystères"."Angelin Preljocaj, qui a passé les frontières des Balkans dans le ventre de sa mère, est venu au monde dans un univers doublement étranger, séparé dans le même temps d’un pays et d’un corps d’origine, exilé dans des frontières physiques infranchissables. Mais il n’a pas oublié : derrière ceux qu’il fait danser se profilent toujours des fantômes étranges que lui seul semble voir". Avec Guy Delahaye, nous avons à notre tour marqué ces contours vagues, en les nommant, en les fixant sur la pellicule. Afin qu’après d’éphémères spectacles quelques traces subsistent, nettes, de ces mondes entrevus juste avant l’exil", écrit Agnès Freschel, qui vient de publier la première biographie du célèbre danseur d’origine albanaise.

Vent faste

Ed. Castor Astral, collection Escales du Nord, 242 pages, 14,25 €.Le premier roman d’un auteur belge traduit en albanais ! En mai 2000 paraissait aux éditions Castor Astral (Bordeaux), Vent Faste, le premier roman de Daniel Soil, auteur vivant à Bruxelles, par ailleurs conseiller au CGRI, promoteur des artistes belges francophones à l’étranger. Le roman évoque d’étranges relations entre la Belgique et l’Albanie, à travers trois générations de Belges parcourant le 20ème siècle, de l’Albanie qui naît au milieu du tumulte de la première guerre mondiale, à l’Albanie stalinienne des années septante. A chaque fois, des rencontres, des rivalités, des amours, marqués par leur dimension interculturelle. Vent Faste a obtenu en 2001 le prix Jean Muno, décerné tous les deux ans par le Centre culturel du Brabant wallon à une première oeuvre littéraire. La même année, il a été lauréat du Festival du premier roman de Chambéry. Le roman a captivé Besnik Mustafaj, parlementaire, écrivain et directeur de la maison d’édition albanaise ORA, qui l’a fait traduire en albanais et qui l’a publié. Le livre est sorti à Tirana en décembre 2003 sous le titre Porti i fundit.

© Simbad

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité