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SIMBAD

Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...

Sabine SICAUD - Le chemin de l'amour

Publié le 3 Janvier 2009 par SIMBAD in POETES & POEMES ( Poetë & Poezi )

Sabine_Sicaud.jpg

 

Amour, mon cher Amour,
je te sais près de moi
Avec ton beau visage.
Si tu changes de nom, d'accent, de cœur et d'âge,
Ton visage du moins ne me trompera pas.
Les yeux de ton visage, Amour, ont près de moi
La clarté patiente des étoiles.
De la nuit, de la mer, des îles sans escales,
Je ne crains rien si tu m'as reconnue.
Mon Amour, de bien loin, pour toi, je suis venue
Peut-être. Et nous irons Dieu sait où maintenant ?
Depuis quand cherchais-tu mon ombre évanouie ?
Quand t'avais-je perdu ? Dans quelle vie ?
Et qu'oserait le ciel contre nous maintenant ?


Sabine SICAUD
(1913-1928)
Recueil  'Chemins

Sabine Sicaud,  née en 1913, morte en 1928 d'une maladie des os dans de cruelles souffrances, était poète. Elle aurait plus de 90 ans, elle n'en a eu que 15 ! Quelques uns (unes) voient en elle une des grandes poétesses de langue française. Elle vécut et mourut dans une maison qui s'appelait "Solitude" à Villeneuve/Lot. "Les premiers poèmes de Sabine (poèmes d'enfant) ont été publiés à Poitiers lorsque Sabine n'avait que 13 ans (avec une préface par Anna de Noailles). Les poèmes posthumes ont été publiés par Stock, avec une introduction de François Millepierres. Sabine a gagné de nombreux prix de poésie. Elle a reçu l'admiration d'Anna de Noailles, Jean Richepin, Marcel Prévost, etc. C'est ce dernier qui a attesté publiquement de l'authenticité des poèmes de Sabine. En fait, à son époque, presque personne ne doutait que les poèmes étaient de sa main. C'est plus tard que certaines personnes ont refusé de croire qu'une enfant puisse être aussi douée. Malgré tout, c'est la minorité. La majorité ne doute pas de leur authenticité. Qui d'autre pourrait d'ailleurs parler de la maladie et de la douleur avec de tels accents? On n'a plus grand chose à apprendre quand à 12 ans on a déjà écrit: s


"Vous qui lisez, le front penché, dans une chambre,
ne sentez-vous donc pas qu'au seuil froid de novembre
tout ce maroquin neuf et ces parchemins d'or
sont faits pour que, ce soir, on traduise dehors,
uniquement les strophes du platane? "


Elle écrivait aussi, peu de temps avant sa mort, au jeune homme aimé en rêve qu’elle appellera Vassili :


N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili.
Elle est dans les chemins craquelés de l’été,
Dans la paille des meules,
Dans le bois sec de ton armoire,
Si tu sais bien l’entendre.
Elle est aussi dans le cri du criquet.
Vassili, Vassili, parce que tu as froid,
Ce soir, ne nie pas le soleil.

La main des dieux,
Tu peux refuser de la prendre.
La main du mendiant, tu
Peux aussi.
Toutes les mains qui frôleront la tienne,
Tu peux les oublier.
La main de ton ami,
Ferme les doigts sur elle,
Et serre-la si fort que le sang de ton cœur
Y batte avec le sien au même rythme.

Ne regarde pas si loin, Vassili,
Tu me fais peur.
N’est-il pas assez grand le cirque des steppes ?
Le ciel s’ajuste au bord.
Ne laisse pas ton âme s’échapper
Au delà comme un cheval sauvage.
Tu vois comme je suis perdue dans l’herbe.
J’ai besoin que tu me regardes, Vassili.

 Tu te chaufferas au feu de paysan ?
– Je me chaufferai au feu de paysan.
– Tu auras de vieilles lampes à pétrole ?
– Je les aurai.– Un jardin de curé ?
– Un jardin de curé.
– Et un pot de basilic ?
– Et deux pots de basilic.
Et ta pitié pour moi et ma pitié pour toi.


Ses poèmes étaient rassemblés dans trois recueils : "Premiers poèmes", "Chemins" et  "Douleurs, je vous déteste". Actuellement aucune de ses oeuvres n'est publiées au niveau national et elle n'apparaît dans aucune des anthologies les plus importantes (alors qu'il y a plus d'émotion, de vérité et de poésie dans certains de ses vers que dans bien des "productions poétiques"); une biographie "Sabine SICAUD ou le Rêve inachevé" ( reproduisant la plupart de ses poèmes) a été écrite en 1996 par Odile Ayral-Clause, professeur de français dans une université de Californie, toujours disponible aux Cahiers d’Aquitaine ( éditeur indépendant de Bordeaux ), et, aussi, un recueil :" Les poèmes de Sabine Sicaud  " édité par Stock en 1958 et diffusé encore par la Librairie Quesseveur a Agen .

 

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A
<br /> Mon Amour, mon amour, voilà des mots sortis de ma bouche écrits par une autre.<br /> <br /> Moi dans mes mains je n'avais que la chaleur du soleil<br /> Moi dans mon coeur que des reflets argentés de lune,<br /> Et quand mes yeux sur toi se posaient,<br /> Des hautes marées, Vassili, des hautes marées,<br /> J'attendais le bateau, pareille à Elisabeth,<br /> Et je regardais la mer et son parfum de ciel<br /> J'avais le gout du miel,<br /> Il me faudra encore attendre une nouvelle vie,<br /> Pour que sur un pont nos vies se lient, <br /> Me reconnaitras tu ?<br /> Si j'ai mal tu as mal,<br /> Si j'ai froid, tu as froid,<br /> Si j'ai faim tu partage ton pain,<br /> Si j'ai soif tu abreuves mon coeur, <br /> <br /> Oh Vassili, Vassili,<br /> <br /> Quand tu seras là bas, J'irai pleurer la moitié de moi <br /> Au chant du coq, je serai là <br /> J'irai en face voir s'élancer de Corfou,<br /> Les hauts cyprès dont l'ombre te garde. <br /> <br /> Et je retournerai comme la jeune fille,<br /> chercher le dauphin et voir l'arbre de mer,<br /> Figé, en l'instant pour une éternité. <br /> <br /> J'attendrai la nouvelle étoile,<br /> Que tu m'as promise dans 165 ans,<br /> <br /> <br /> Merci pour Sabine Siccaud<br /> J'attendrai patiemment<br /> J'attendrai vaillamment...165 ans <br />  <br /> <br /> <br />
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L
"Ne croyez pas que l'Amour que vous avez connu adolescent soit perdu.N'a t il pas fait germer en vous des aspirations riches et fortes.Des projets dont vous vivez encore aujourd'hui ?je crois bien que cet amour ne survit si fort et si puissant dans votre souvenir que parce qu'il a été pour vous la première occosion d'être seul au plus profond de vous même, le premier effort intérieur que vous ayez tenté dans votre vie."Rainer Maria RikeLettres à un jeune poète.Si précieux et si cher
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