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SIMBAD

Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...

ANGELIN PRELJOCAJ - L'ALBANAIS

Publié le 28 Septembre 2008 par SIMBAD in PERSONNALITEES ( Personalitete )

A-Preljocaj.jpg
(Photo Barak)

LE DECOLLETE DE BLANCHE -NEIGE


Besoin d'une histoire d'un soir ? Blanche-Neige, pourquoi pas ! Envie d'un grand ballet narratif ? Blanche-Neige, encore une fois. Le Blanche-Neige chorégraphié par Angelin Preljocaj et costumé par Jean Paul Gaultier est le phénomène de la rentrée, très attendu, trop même. A l'affiche de la Biennale de la danse de Lyon, qui se clôt mardi 30 septembre, ce spectacle d'une heure cinquante, limpide, rassembleur, a sagement emballé le public de la Maison de la danse jeudi 25 septembre.


SUR LE MÊME SUJET


Depuis son fameux Roméo et Juliette (1990) sur la musique de Serge Prokofiev, on sait que le directeur du Centre chorégraphique national d'Aix-en-Provence connaît la chanson. Livret découpé au millimètre, illustration presque littérale d'une histoire, troupe de choc (vingt-six danseurs), décor et décorum. Preljocaj apprécie cet exercice de haute école pour sa précision.

Conçu avec Enki Bilal, Roméo et Juliette a conquis la planète. Cousu main Gaultier, Blanche-Neige possède les mêmes atouts et bien des points communs : emportée par le lyrisme appuyé du compositeur Gustav Mahler, la scène du Prince enlaçant sa Blanche-Neige empoisonnée par la pomme rappelle celle de Roméo et de sa Juliette inanimée.

Pour cette histoire trop rarement chorégraphiée - une version a été signée par Serge Lifar en 1951 -, Angelin Preljocaj a bien relu le conte des frères Grimm, mais aussi La Psychanalyse des contes de fées, de Bruno Bettelheim. Le déroulé du spectacle, à ranger derrière les classiques comme La Belle au bois dormant, enchaîne scène de bal, tableaux d'ensemble et pas de deux - toujours des pics d'excellence chez Preljocaj.

Le chorégraphe a envie de tout dire au risque d'une certaine lenteur démonstrative. Volontairement naïf, il s'offre le bonheur enfantin d'une histoire et vérifie, après nombre de pièces abstraites, qu'il peut toujours la raconter avec sa danse. Son livre d'images recèle des séquences éclatantes de beauté. La ronde des nains (des moines-mineurs de fond) et de Blanche-Neige sautant sur leurs fesses en claquant des mains fait sourire. Le duo entre la jeune fille et sa marâtre - elle lui enfonce la pomme dans la bouche en la faisant danser - est parfait dans sa sadique volupté.


SANS COMPLEXE


L'écriture de Preljocaj, toujours taillée en biais, fait dans la citation classique sans complexe. La partition toute en sauts vifs, fentes sèches, moulinets des bras et changements multiples de direction, s'émaille de tours, de piqués et autres pas académiques. Jamais, en revanche, on a vu une Blanche-Neige aussi échancrée ! Si Jean Paul Gaultier a somptueusement réussi à se faire (presque) oublier dans les costumes, il ose une Blanche-Neige en string. La peau transparente de l'héroïne, jambes dénudées jusqu'en haut des fesses par un drapé savant, attirent l'oeil.

Ce "décolleté" rappelle que la sexualité est au coeur du conte. Plus que sa beauté, la méchante reine sait qu'elle va perdre son attrait sexuel. Elle doit accepter de vieillir. A l'heure du lifting qui joue la confusion des âges, des générations et des saisons, ce conte rappelle tout bonnement que le temps est inéluctable, que la fille remplace la mère, fût-elle sa belle-mère, ainsi va la vie, aussi implacable soit-elle. Manque peut-être chez Preljocaj une dose de cruauté, de cette terreur palpable qui fait la saveur violente de Blanche-Neige. Un conte n'est pas une tragédie. Quoique.

***

‘Blanche-Neiged' d’Angelin Preljocaj.

Biennale de la danse, Maison de la danse, Lyon-8e. Jusqu'au 4 octobre. 20 h 30. Tél. : 04-72-26-38-01. De 26 € à 35 €. Puis, du 10 au 25 octobre, Théâtre de Chaillot, place du Trocadéro, Paris-16e. Tél. : 01-53-65-30-00. De 12 € à 27,50 €.

Rosita Boisseau

 

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B
<br /> <br /> J’ai eu l’occasion de voir ce spectacle à Paris, j’en suis sortie bluffée ! Il est vraiment magnifique ! Preljocaj a pour projet de diffuser Blanche Nneige au cinéma et en DVD. Il a<br /> fait appel au site touscoprod pour trouver des financements auprès des internautes. Je trouve que c’est une très bonne idée et originale ! J’adorerai le revoir et surtout le faire découvrir.<br /> Jetez un coup d’œil au projet sur : http://www.touscoprod.com/pages/projet/fiche.php?s_id=5143&s_wbg_menu=4<br /> <br /> <br /> On peut également offrir des parts de co-production sur le film. Un joli cadeau pour les fêtes qui approchent à grands pas!<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> Oui - Preljocaj est un grand artiste !<br /> <br /> <br />
C
En fait je voudrais rajouter quelque chose. Ce n'est pas la sexualité qui est au coeur du contes. Mais le complexe Oedipien. Et je m'étonne que personne n'ait repri les  propos du metteur en scène. Seuls les costumes ont été conçus pour que le spectateur ait un attrait à l'érotisme. C'est à dire l'acte du désir à la sexualité. Le conte en lui même est le voyage de la vie avec ses oppositions, ses dyades entre laid et beau, entre mort et vie mais il serait difficile ici de faire l'apologie de ce que Blanche Neige comporte de psychologie, de mythologie et de sens. L'attrait à cette "sexualité" n'est qu'un reflet de nos temps modernes, le conte lui reste immuable et porteur de sens et de mémoire.  
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S
<br /> Oui, vous avez rasion ! Je suis d'accord avec vous: "L'attrait à cette "sexualité" n'est qu'un reflet de nos temps modernes, le conte lui reste immuable et porteur de sens et de mémoire"...<br /> Merci pour ce commentaire si prècis et inteligent !<br /> Simbad<br /> <br /> <br />
C
J'ai vu blanche neige à Berlin.Sais tu que je connais Enki. Je le connais bien. Je connais tous ses dessins son histoire, son inspiration. Et je ne l'ai jamais rencontre. C'est un très bel article. Les contes sont comme la vie, c'est une représentation du merveilleux. Il existe des contes tragiques et il existe des contes merveilleux. Roméeo et Juliette est un exemple. Mourir d'Amour, mourir d'aimer parce qu'on ne peut pas atteindre la plenitude que demande l'attraction de l'Amour, les forces irresistibles qui aimante les corps et les esprits.C'est parce que Roméo et Juliette meurent que l'histoire a atteint le sublime et que l'histoire merveilleuse tourne à la tragédie. Ils ne meurent pas de ne pas s'aimer, ils meurent de l'impossible à s'aimer.C'est un magnifique article. Avec ton oeil de journaliste et beaucoup de ton coeur. J'aime, j'aime tout
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