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SIMBAD

Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...

CHRISTOPHE - Et j'ia crié, crie Aline ...

Publié le 27 Mars 2008 par SIMBAD in NOSTALGIE ( Nostalgji )

 

En 1965, en criant "Aline", Christophe lance le premier tube dans l'histoire de la chanson française. Simplicité mélodique et textuelle, une formule depuis largement éprouvée.
 
 ET J’AI CRIE, CRIE : ALINE !
 
"J’avais dessine sur le sable son doux visage qui me souriait
Puis il a piu sur cette plage dans cet’ orage, elle a disparu
Et j'ai crié, crié Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai p1euré, p1euré, oh ! j'avais trop de peine.


(Extrait de "Aline", paroles et musique de Christophe)
 
Pendant l'été 1965, que se passe-t-il ? Rien que de très ordinaire. Les hommes se font la guerre et le président Johnson engage, le 13 juillet, 125 000 GI au Vietnam. Les malmènes de I’ Histoire aspirent a plus de justice: le 18 aout, des émeutes sanglantes éclatent dans les ghettos noirs de Los Angeles. A Saint-Tropez, fiançailles : Eddie Barclay sacrifie à ce qui va devenir pour lui un rite estival. L'élue s'appelle Marianne Steinberg. A Londres, mariage: Catherine Deneuve épouse un photographe chic, David Bailey. Et, bien sur, I' on meurt : Audiberti, le 10 juillet; Le Corbusier, le 27 aout. Le 4 septembre, à l'hôpital de Lambaréné (Gabon), il est minuit pour le docteur Schweitzer.
 
Dérivatifs aux malheurs du monde, ou à son train-train (Poulidor est arrive second derrière Gimondi), douces compagnes de nos vies comme elles vont, les chansons sont là. La vieille garde s’accroche : en aout, Tino Rossi entreprend une tournée à travers la France. Il propose des titres nouveaux ("Si tu pleures, si tu chantes", "les Yeux de l’amour», "Tu méritais mieux", qui ne feront pas oublier "Tchin-tchin") et entend, dans ses accompagnements, réconcilier la guitare électrique des yé-yé et cel1e de Vincent Scotto. Quant à la relève, elle triomphe : le 20 juin, les Beat1es ont soulevé d’enthousiasme le Palais des sports parisien.
 
SENTIMENTALlTE PREADOLESCENTE
 
Rien de cela, ni l'inauguration, le 16 juillet, du tunnel du Mont-Blanc par les présidents Charles de Gaulle et Giuseppe Saragat, ne saurait, dans nos mémoires, marquer l'été 1965. L'été 1965, c'est celui d'"Aline". Sans doute faut-il y ajouter, pour ce qui nous concerne, la lumière de l’ile de Ré, les balades à vélo dans les marais salants, cet endroit sauvage que l' on appelait, je crois, la mer du Nord, les bains sur la plage des Baleines, le petit bois de Trousse-Chemise ("quand la mer est grise et qu'on l'est un peu"), la pergola de La Couarde-sur-Mer et les slows avec L. qui avait les yeux de Marie Laforet. Dans leur excellent ouvrage, "la Chanson française et francophone", Pierre Saka et Yann Plougastel qualifient "Aline" de "premier tube, au sens moderne de succès de l’été, dans I’ histoire de la chanson en France".
 
Par quoi se caractérisent donc les succès de l'été? Si l'on en croit ce prototype, on répondra: par un référent de circonstance (la plage, le sable mouille, les amours brèves), par une sentimentalité préadolescente, par la modestie de la forme textuel1e, par l'indigence du sens et une aimable simplicité mélodique. C'est une expérience un peu triste que de réentendre aujourd'hui "Aline". Surtout, d'en lire les paroles : dix-huit vers, non dix- huit lignes, plus ou moins assonancées (sable/plage), quelques rimes intérieures (croire/espoir), deux refrains (des quatrains), le troisième, essouffle, n’arrivant pas à dépasser le stade du distique.
 
Le doux visage dessine sur le sable et que la pluie effacée a, dans le genre, cent équivalents plus vigoureux, à commencer par "les pas des amants désunis" des "Feuilles mortes". Ce pauvre jeune homme qui brame le prénom de l'aimée, qui pleure, qui pleure ("Oh ! J'avais trop de peine"), n’est pas un parangon de virilité. Une métaphore (“je me suis assis auprès de son âme”) fait regretter le temps ou Brassens vivait prosaïquement heureux "auprès de son arbre". Quant au dénominatif  "la belle dame", il est trop médiéval pour une Aline de bord de mer.
 
CREATEUR FANTASQUE
 
Il faut créditer la musique et l‘interprétation, franches et gracieuses, mais sucrées, peu inventives, d'une performance grammaticale. Le crescendo du refrain (et j'ai crie, criée ...) enrichit la catégorie des verbes que les linguistes nomment "performatifs", ceux dont la simple énonciation constitue l'action (ainsi le verbe "jurer"): quand Christophe chante "j’ai crié", il crie. Sommes-nous injuste? Oui, parce qu'on ne renie pas ce que l'on a aimé; grâce à "Aline", nous avons connu, comme tant d'autres, des moments de bonheur. Oui, parce que le second tube de l'ete 1965, "Capri, c'est fini", n'appel1e pas davantage d'indulgence. Injuste aussi car "Aline" ne laisse nullement augurer ce que sera la carrière de Christophe. Carrière désordonnée, désinvolte (avec des éclipses de huit ans, dix ans), mais audacieuse et sympathique, à l’image de l’homme et de sa vie privée
 
Apres avoir signe la bande originale du film de Lautner, "la Route de Salina", dont le seul mérite était d’offrir son dernier rôle à une Rita Hayworth ravagée et bouleversante, Christophe enregistre deux albums "cultes": "les Paradis perdus" et "les Mots bleus". Le "Beau bizarre", de Baudelaire, l'attire de plus en plus. II se convertit à la musique électronique. La voix travaillée, belle e, tord leur cou aux mots, les brise, les noie dans des sonorités métalliques. En 1996, son CD intitule "Bevilacqua" (c'est son propre patronyme, le disque est un hommage à son père) contient une composition tout en cliquetis et vrombissements qui célèbre Enzo Ferrari. La critique adore, le public boude. Le même phénomène risque de se produire à l'occasion du récent come-back du chanteur.

Christophe s'est acquis une image de créateur fantasque, maniaque, "déjanté" dira-t-on en songeant à sa passion pour les voitures, mais aussi d'artiste exigeant, prenant la musique au sérieux, se souciant peu de plaire, féru d'innovation. En 1996, à un journaliste qui lui demandait: "Vous rechanterez "Aline"?, Christophe répondit: "Bien sur. Le coté retro d'Aline" a quelque chose qui me plait. Je ne regrette rien." Bravo!

Jean-Marie PLANES

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C
j'adore ce doux visage... Je m'en souviens  encore sur cette plage. Je vais la connaître par coeur cette ballade.Je pense à tous les amoureux qui ont dansé sur ce refrain.Le coeur battant plein d'espérance. Oui vraiment j'adore cette chanson de Christophe tout en mélancolie. J'ai fermé les yeux et j'ai dansé, dansé, ...
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S
<br /> Et, moi, en cet'epoque, j'étais en Albanie et je n'avais droit d'ecouter ouvertement meme la radio.<br /> Je ne puvais ni danser, ni rire, ni ecouter les radios étrangeres ...<br /> Je vivais sous une tyranie ...<br /> On n'a pas eu la meme jeunesse, moi et toi, chère amie !?...<br /> <br /> <br />
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