Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
SIMBAD

Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...

Sabine Sicaud ( 1913 - 1928 )

Publié le 4 Novembre 2007 par SIMBAD in POETES & POEMES ( Poetë & Poezi )

Fichier hébergé par Archive-Host.com

                                                                                   

Sabine Sicaud, née en 1913 dans une maison qui s'appelait "Solitude" à Villeneuve / Lot   et morte en 1928 a l’âge de 15 ans d'une gangrène dans d'atroces souffrances, est un cas littéraire surprenant. Quelques uns voient en elle une des grandes poétesses de langue française.  Lauréate du ‘Jasmin d'Argent’ à l'âge de onze ans, puis des ‘Jeux Floraux’ de France, Sabine reçut les hommages des poètes de son temps, particulièrement Anna de Noailles qui écrivit la préface aux Poèmes d'enfant publiés en 1926. L'univers de Sabine est, à ce moment-là, celui des animaux et des plantes, de l'espièglerie et de la compassion. L'adolescence y ajoutera l'évasion vers d'autres pays, d'autres vies, d'autres découvertes. Puis, brutalement, ce fut la maladie. Une maladie dure, cruelle, qui transforma l'enfant en adulte martyrisée et "le petit Elfe", comme on l'appelait, en grand poète. "Elle écrira les plus beaux poèmes qui soient de la souffrance et de la mort", nous dit Robert Sabatier. Inoubliables par leur force, leur sincérité et la profondeur de leur vision, ils transcrivent l'expérience nue de l'inexorable. Aucun livre n'avait été publié sur Sabine Sicaud depuis Les Poèmes de Sabine Sicaud parus en 1958 avec un avant-propos de François Millepierres. Cette édition passa, d'ailleurs, presque inaperçue, mais le poète continua à vivre dans le cœur de ses admirateurs. 

 

AH ! LAISSEZ - MOI CRIER !
 
Ah! Laissez-moi crier, crier, crier …
Crier à m’arracher la gorge!
Crier comme une bête qu’on égorge,
Comme le fer martyrisé dans une forge
Comme l’arbre mordu par les dents de la scie,
Comme un carreau sous le ciseau du vitrier…
Grincer, hurler, râler. Peu me soucie
Que les gens s’en effarent. J’ai besoin
De crier jusqu’au bout de ce qu’on peut crier.
Les gens? Vous ne savez donc pas comme ils sont loin
Comme ils existent peu, lorsque vous supplicie
Cette douleur qui vous fait seul au monde?
Avec elle on est seul, seul dans sa geôle
Répondre? Non. Je n’attends pas qu’on me réponde.
Je ne sais même pas si j’appelle au secours
Si même j’ai crié, crié comme une folle
Comme un damné toute la nuit et tout le jour
Cette chose inouïe, atroce, qui vous tue
Croyez-vous qu’elle soit
Une chose possible à quoi l’on s’habitue
Cette douleur, mon Dieu, cette douleur qui tue
Avec quel art cruel de supplice chinois
Elle montait, montait à petits pas sournois
Et nul ne la voyait monter, pas même toi
Confiante santé, ma santé méconnue
C’est vers toi que je crie, ah c’est vers toi, vers toi!
Pourquoi, si tu m’entends n’être pas revenue?
Pourquoi me laisser tant souffrir, dis-moi pourquoi
Ou si c’est ta revanche et parce qu’autrefois
Jamais, simple santé, je ne pensais à toi? "

 

(Sabine Sicaud, ‘Les poèmes de Sabine Sicaud’, Paris, Stock, 1958)

Publicité
Publicité
Commenter cet article
O
Une bien triste histtoire!!!!!
Répondre
Publicité