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SIMBAD

Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comble de connaitre sans cesse autre chose. C'est demain, éternellement demain ...

Jamarbër Marko

Publié le 11 Septembre 2007 par SIMBAD in Poésie albanaise ( Poezi shqipe )

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Jamarbër Marko ( Photo de F.Velaj )
 

Diplômé en littérature et journalisme en 1974 à Tirana, il fut condamné à sept ans de prison l'année suivante, pour avoir exprimé son mécontentement envers le Parti Communiste Albanais. Mais surtout pour être le fils de Petro Marko (1913-1991), ancien combattant de la Guerre d'Espagne et ancien résistant passé par les camps de concentration : le romancier le plus talentueux de l'immédiat après-guerre fut plusieurs fois condamné, interdit de publication et interdit de lecture, et autant de fois "réhabilité", à cause notamment de sa popularité que le Parti jugeait trop expansive à ses dépens. Jamarber, lui, sortit de prison en 1979, mais dut compléter sa peine en travaillant comme déchargeur dans une brigade d'entretient. Il est l'auteur de deux volumes de poésie, dont le premier, Hasard intentionnel (1995), écrit durant vingt ans, pourrait être considéré comme l'oeuvre de sa vie. Avec son deuxième recueil, Pro nobis (2001), il confirme à nouveau ce qu'il y a de meilleur dans sa poésie : une forme laconique, un rythme intérieur soutenu, une pensée profonde dénuée de métaphore, une fière douleur qui ne tombe jamais dans le pathétique.


                                     ( Poèmes traduits de l'albanais par Ardian Marashi )



                      POUR AUTRE CHOSE JE SUIS DE RETOUR

Je ne suis pas revenu
Pour voir une larme versée pour l'occasion
Ne suis pas revenu
Pour entrer dans un sourire
Ne suis pas revenu
Pour démontrer que je savais tout
Ou pour enlever le grain de poussière
Qui pèse en suspens sur l'espace du malentendu
Je ne suis pas revenu
Pour sentir les inflexions sentimentales
Je ne serais pas revenu
Pour prendre ce qui m'était dû
Je ne suis pas revenu pour tenter de récupérer
Mes jours perdus en prison
Je savais que ceci était impossible
Je ne serais pas revenu
Pour éprouver la même chose
Que d'autres ont vécue.

 

LA LIBERTÉ DE LA PLUIE

Avec ses mains longues
Avec ses jambes minces
Elle plongea libre
Dans le monde ici-bas.
J'imagine sa plainte
Lorsqu'elle s'arrêtera
Devant
Les barreaux de fer.


***

Vous êtes pardonnés
pour le jour où vous m'avez condamné à mort.
Vous êtes pardonnés
pour l'heure où vous m'avez conduit à l'hospice des fous.
Vous êtes pardonnés
pour la minute où j'ai aimé le mensonge.
Je me vengerai pour la seconde où vous m'avez fait Dieu.


***

Nous avons gagné la guerre, le rêve, le beau.
Nous avons dormi du sommeil des bienheureux.
Et nous nous sommes réveillés étonnés
Par les crissements des vers
Aux fondations de notre majestueux avenir.


***

Dieu
La créature la plus impuissante de l'univers
Est devenue par erreur la plus puissante
Pour faire en sorte que les hommes se retrouvent
En enfer.


***

Je mélange le ciel et le sable
Et je conçois la mer.
Je mélange la mer et mes mains
Et je conçois le feu.
Je soustrais la lumière et la joie
Pour concevoir une parole.


***

Je rentre du combat
Les plaies fermées
Et je trouve
De nouvelles plaies toutes fraîches
Par le combat
On pourra les refermer.


***

En cours de chemin me porteront mes jambes
En cours de vie me portera mon souffle
Quel plaisir
Si je pouvais porter les fleurs à ma mort.


***

J'étais curieux de voir
Et j'ai vu
J'ai eu des remords ensuite
Et j'ai vu de nouveau.



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O
je n'avais plus internet depuis plus d'un mois mais me voilà de retour pour te lire.Bises
Répondre
S
Salut et bienvenue - petit et beau "oiseau" !Simbad
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