... Vendredi dernier j’ai passé une très belle journée. Avec mon confrère Gilles Bernard, j’étais en tournage dans une petite ville du Lot-et-Garonne, plus exactement à Nérac. On était là pour tourner un "dossier" sur l’itinéraire artistique de Christophe Massé, un artiste peintre plasticien et écrivain, qui expose à la "Galerie des Tanneries" de cette ville. Christophe Massé est sans aucun doute un personnage exceptionnel. Mélange d'origines, mais aussi mélange de cultures et de sentiments. Né catalan dans son identité et dans son âme, avec des gènes et des racines de tous les peuples du bassin méditerranéen, italien, cigan, juif et bien sur français. Il incarne l’artiste bohême et cosmopolite. À part la peinture, il a publié plus de 15 bouquins de 1983 jusqu’en 2006. Avec des récits plein de souvenirs autobiographiques, des sentiments, mais aussi des réflexions et des essais sur la vie d’artiste, sa vie, l’art en général et plus particulièrement sur le caractère du créateur. Je disais que Christophe est un artiste spécial. Oui … je pense que oui ! … Même si on est resté peu de temps ensemble, j’ai senti, j’ai compris ses petites peintures, toutes avec un motif (une tête – la tête de la jeunesse de l’artiste – une tête triste et surprise, la peur et le doute, l'état de panique et de désespoir!) j'ai compris qu'il faisait partie de ceux qui te laissent, dès le premier contact, l’image d’un artiste né, d’un homme qui vit pleinement la vie dans tous ses aspects, qui sent, regarde et observe ce que l’homme commun n'arrive pas à voir, l’essentiel des choses et non leur apparence.
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... Nous avons décidé de déjeuner dehors, en plein soleil, à la pizzéria "Roma". Nous étions assis à une table couverte d’une nappe jaune et de là, j’observais la rue en face de moi. Une rue étroite, avec des maisons anciennes, propres, très bien entretenues. Une rue médiévale, avec des maisons aux toits baignés d’un soleil aux accents italiens. Une rue d'un calme et d'une propreté remarquable, avec des portes qui, quand elles s’ouvrent, laissent échapper des arômes d’une cuisine traditionnelle. Après m'être promené dans les plus beaux lieux de la ville, que je ne connaissais guère avant, j’ai été submergé d’impressions. Nérac est vraiment une petite ville (1500 habitants), mais elle a tout. L’histoire, la nature, la gastronomie, la saveur de melon, le cèpe, le fumet de salmis de palombe, le fondant du foie gras… Nous avons mangé en parlant de l’histoire de cette ville. À coté de moi se trouvait l’éditeur de Christophe Massé, Pierre Mainard, un homme simple et gentil. Il a quitté Bordeaux où il vivait avant, il y a quelques années, pour s’installer avec sa famille et sa "maison d'édition" à Nérac. C’est un homme qui aime le calme, la vie à la campagne, tout ce qui est beau et qui ne se trouve pas dans des grands villes. Donc, nous discutions de l’histoire de Nérac. Nérac fut d’abord, sous le règne de Marguerite d’Angoulême et de Jeanne d’Albret, une capitale de l’Esprit, un foyer spirituel et culturel ; mais c’est Henri de Navarre, futur Henri IV, qui transforma cette petite ville en une véritable capitale artistique, formée d’une cour d’intellectuels et d’écrivains (Agrippa d’ Aubigné, Duplessis, Ravignan), de diplomates et de chevaliers, plongés dans une ambiance de fête ou se mêlaient joie de la table, chasse, musique et comédie italienne. Bref, ce n’est pas par hasard que l’artiste Christophe Massé expose justement à Nérac, au pied du Pont-Vieux et en bas du château du roi Henri IV …